Aude : de l'Escape Game au Top Chef revisité, l'agriculture et la restauration réinventent les outils pour trouver leur main d'oeuvre

Aude : de l’Escape Game au Top Chef revisité, l’agriculture et la restauration réinventent les outils pour trouver leur main d’oeuvre

Le 18 novembre, huit demandeurs d’emploi s’affronteront lors d’un concours de cuisine imaginé par Pôle Emploi et l’UMIH de l’Aude. Le 22, un Escape game organisé dans une ferme devrait réunir une cinquantaine de personnes. Deux approches innovantes pour séduire, dans des secteurs en manque de salariés.

4 054 offres d’emploi collectées à fin septembre 2022, pendant 12 mois continus, dans le secteur de l’hôtellerie-restauration audoise (avec tourisme et loisirs) : un chiffre en hausse de 55,3% sur un an, représentant 1/5 des 21 244 offres collectées sur l’ensemble du territoire l’année. territoire, tous secteurs confondus. 1 248 offres dans l’agriculture et la pêche, toujours sur 12 mois glissants, en hausse de 39,8 %. Offre indéniable, mise en valeur par l’Observatoire de l’Emploi en Occitanie par Pôle Emploi. Mais une demande qui peine à être satisfaite, comme en témoigne un autre indicateur : cette « Top 15 des emplois les plus recherchés par les employeurs locaux »qui comprend le personnel de cuisine (1euh avec 1 124 offres d’emploi enregistrées par Pôle Emploi), restauration (2e avec 870 postes), restauration polyvalente (483) et 306 postes en arboriculture et viticulture.

Lancés à la recherche d’une main-d’œuvre trop rare, les secteurs sont aujourd’hui contraints d’innover. Et d’oublier les formats traditionnels de la rencontre entre employeurs et candidats. C’est le sens de l’Escape Game à la ferme intitulé “La clé des champs” et organisé le mardi 22 novembre par la chambre d’agriculture de l’Aude, à partir de 9h, à la ferme de Jean-François Monod, à Villeneuve-le- Comtale. « Il y a un réel besoin de main-d’œuvre formée et motivée pour faire fonctionner nos opérations. L’Escape Game est sans aucun doute un bon levier pour éveiller l’intérêt, découvrir les métiers et nos opérations en résolvant les énigmes », précise la salle dans un communiqué. Réalisé par Maryline Planche, consultante spécialiste de la promotion des entreprises : “Un escape game de ce genre a eu lieu en 2021 en Haute-Garonne et a rencontré un franc succès.” 72 participants ont été identifiés pour cette « Hay Cup » organisée avec un cofinancement de la Région dans une ferme à Seysses, avec la société Toulouse Escape, partenaire de la chambre régionale d’agriculture.

Il n’y a vraiment pas d’armes partout

A peine ouvertes, les inscriptions pour le 22 novembre ont déjà attiré 20 participants, « demandeurs d’emploi ou jeunes en insertion professionnelle », précise Maryline Planche. Ce qui fixe le cap à 50 inscrits maximum (inscriptions fermé le 18 novembre, NDLR). Les participants qui, après une heure d’un escape game disputé en équipes pour découvrir l’exploitation, bénéficieront d’un échange avec Jean-François Monod, conseillers de la chambre sur la question de l’installation, mais aussi du lycée agricole de Castelnaudary, présentent en détail les formations dispensées par le CFAA, le CFPPA ou le lycée agricole. De quoi intriguer, séduire, et peut-être en décider certains à franchir le pas : « Mardi, j’ai assisté à une réunion au CFA agricole. Nous avons plus de 250 apprentis, les jeunes sont toujours là, mais il faut continuer à moderniser l’image de l’agriculture, attirer les gens. Car nous recherchons tous les postes. , dans tous les secteurs”se souvient Maryline Planche, citant les perles rares qui sont devenues “Des tracteurs. Mais il y a vraiment un manque d’armes partout.”

Tout le monde doit avoir un contrat

Une réalité évidente dans l’hôtellerie. Qui a décidé Pôle Emploi, en partenariat avec l’Union des Métiers et de l’Industrie de l’Hôtellerie (UMIH) de l’Aude, le centre de formation Nadéo Pro et Metro, de lancer son Pôle Chef : un concours de cuisine spécifiquement dédié aux demandeurs d’emploi. “N’ayant jamais travaillé dans la restauration mais qui sont attirés par ce secteur”. Une opération postale a identifié 42 candidats initiaux ; “casting” réduit à 15 personnes, puis à huit finalistes, qui devront, le 18 novembre, créer un plat et un dessert en trois heures, soumis à un jury (le directeur de Campanile, le chef du restaurant ME. à Limoux et Jérôme Chaucesse, MOF pâtissier-confiseur). Parmi les profils, un ancien ambulancier ou un avocat ukrainien. Si un gagnant sera bien entendu désigné, tout le monde est déjà gagnant : “Les huit s’entraîneront avec nous pendant trois mois, déclare Nadine Ferry, directrice de Nadéo Pro. Avant cela, ils ont passé dix jours chez un restaurateur, chez qui ils retourneront pendant deux semaines pendant la formation. La formation terminée, tout le monde a “la certitude d’avoir un contrat. Des établissements se sont déjà positionnés pour les accueillir, comme l’Hôtel de la Cité, le Mercure, le Campanile, ME., le Bar à Vin.” Preuve, encore une fois, que les besoins sont là. Et loin d’être satisfait. A tel point qu’une 2ème session “Pôle Chef” est déjà prévue : “En juin 2023, avec ces deux opérations, résume Nadine Ferry, 16 personnes auront intégré le secteur.”

“Nous devons restaurer notre image”

Ce mercredi 9 novembre, c’est avec satisfaction que Thierry Deniau, président de l’UMIH de l’Aude, a décrit la journée passée avec les candidats la veille : “Ils étaient réunis pour découvrir le panier qu’ils devront cuisiner le 18, le matériel, et s’entraîner. Il y avait un vrai engouement.” Preuve que l’hôtellerie peut encore séduire. A une condition, confirme Thierry Deniau, tout en insistant sur l’évolution du SMIC hôtelier : “Il faut redorer notre blason. Cela implique d’accueillir les nouveaux salariés par des tuteurs, pour éviter les départs après un mois de formation ; ou encore de travailler selon des horaires pensés un mois à l’avance pour garantir les week-ends, d’anticiper.” Quelque chose à attirer, donc. Et anticipez : “Cet été, on avait besoin de 700 personnes. Si on n’y travaille pas déjà, il faudra revoir au printemps 2023. Il faut créer un vivier, en trouvant des gens qui ont un savoir-faire. Le savoir-faire dépend de nous pour leur apprendre.

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